Coupe d'arbres illégale : les travaux sont arrêtés

Récemment, de nombreux arbres ont été coupés sur un terrain privé situé à l'arrière de l'école. Cependant, grâce à l'intervention d'élèves de l'école, les travaux ont pu être arrêtés. Voici donc, sans plus attendre, un résumé des événements publié dans le Courrier Laval du 15 septembre. Inutile de préciser que le comité continuera à suivre les développements dans ce dossier.

De jeunes écolos stoppent une coupe d’arbres illégale

Le contrevenant s’en tire sans payer d’amende

Plus qu'une brèche dans un boisé, c'est le saccage du milieu de vie des étudiants qu'une pelle déchiqueteuse a commis, sans permis, aux abords de l'École d'éducation internationale (EEIL), à Chomedey, la semaine dernière.

Mercredi, 6 septembre, 7 h 45. Un élève de secondaire 5 remarque une déchiqueteuse à l'œuvre dans le boisé où il a l’habitude d’aller dîner. «J'étais en retard, je courais en longeant le bois: le tracteur était déjà là.» Le reste de la journée s'est articulé, pour cet élève et ses copains, autour d'une préoccupation cruciale: sauver le boisé.

Arrêt des travaux

Après avoir constaté les dégâts à l'heure du lunch, les jeunes se sont empressés d'aller avertir leur professeur de biologie, Claude Blais, responsable du comité environnement de l’école. «On a été voir tout de suite, raconte l'enseignant. Le gars n'était plus là, il était parti voir notre directeur.»

M. Blais a logé des appels au ministère de l’Environnement et à la Ville, qui a fait interrompre les travaux, puisqu'il était impossible d'établir, après la visite d'un inspecteur du service de l'environnement sur les lieux, si le propriétaire détenait un permis municipal pour la coupe d'arbres.

«Dans le doute, on fait cesser les travaux», indique Claude Beaudry, porte-parole de Ville de Laval, qui note que l’aménagement d’une rue à cet endroit n’est prévu dans aucun plan de la Ville.

Après investigation, le Service d'urbanisme de Laval s'apprêtait à émettre, jeudi, un avis d'infraction au fautif, pour avoir abattu des arbres sans permis. Le propriétaire, qui a pratiqué une ouverture de la largeur d'une rue dans le boisé, sur plusieurs dizaines de mètres de longueur, n'aura toutefois pas à payer d'amende, s’il ne recommence pas à défricher sans permis.

Avis ignoré

Les mesures coercitives sont réservées aux contrevenants qui font fi d'un avis, explique Jean-Claude Beaudry. «S'il n'y a pas cessation des travaux après l'avis, le Service d'urbanisme peut demander au comité exécutif d'aller en cour municipale. Ça peut aller jusqu'en Cour supérieure.»

Une question demeure sans réponse: la déchiqueteuse a-t-elle touché au milieu humide compris dans le boisé? Non, assure-t-on au ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs. «Il y a un milieu humide sur ce terrain-là et le promoteur est déjà averti qu’il ne peut pas effectuer de travaux en milieu humide», assure Pierre Robert, directeur régional du Centre de contrôle environnemental de Montréal, Laval, Lanaudière et Laurentides.

«Eux disent qu’il n’a pas passé dans le milieu humide, mais selon moi, oui», dit Claude Blais. Afin de trancher, un représentant du ministère était attendu au boisé vendredi. Richard Pelletier, biologiste du Conseil régional de l’environnement de Laval, comptait également se rendre sur place.

Jeunes écolos

L’indignation était encore palpable chez les jeunes de l’EEIL, lors du passage du Courrier Laval, mardi dernier, lorsqu’ils se rappelaient la réponse fournie par l’opérateur de la déchiqueteuse. «C'est pour l'environnement», avait-il répondu au groupe de jeunes qui l'interrogeait. «Il s'est un peu moqué de nous, lance Julien, un élève du secondaire 3. Il a dû se dire qu'on était jeunes, qu'on ne connaissait rien.»

Or, Julien et ses copains ne sont pas des néophytes en matière d'environnement. Tous impliqués au sein du comité environnement de leur école, ils ont développé une conscience écologique. Compostage, corvées de nettoyage dans des milieux naturels et aménagement de nichoirs sur divers sites à Laval; les activités sur le terrain sont monnaie courante, à l’EEIL. «Tous les élèves, de secondaire 1 à 5, ont 100 heures de services communautaires à faire», explique Nicola, un élève du secondaire 3.

Quant au boisé à côté de l’école, où ils ont observé des canards au printemps avec leur enseignant, les élèves savaient que l'étiquette «milieu humide» pouvait leur servir de munition. Et c’est sans hésiter, en marge des démarches de son prof de bio, que Julien a dégainé, en envoyant un courriel au ministère de l’Environnement.